Certaines décisions sont aujourd’hui prises à l’aide d’algorithmes. Quels avantages cela présente-t-il ? Quels en sont les inconvénients ? Quelles exigences définir sur le plan de la transparence des processus ?

 

Les algorithmes ont investi nos vies de tous les jours sans que nous nous en rendions forcement compte et interviennent dans nos processus de décisions. Ainsi, le moteur de recherche Google est un algorithme qui classe les pages Web en fonction de critères prédéterminés comme des mots clés. L’algorithme de Facebook choisit les informations en fonction de leur popularité. Mais un algorithme, c’est quoi ? C’est un ensemble logique d’instructions qui permet à un programme informatique de résoudre un problème. Les algorithmes permettent donc à des machines de réaliser des calculs mathématiques complexes, pour définir l’itinéraire optimal du point A au point B ou pour nous faire des recommandations d’articles divers fondés sur nos préférences.

Quels avantages peuvent apporter les algorithmes dans notre vie en général, et quels en sont aussi les désavantages ? Et surtout, quelles sont les exigences sur la transparence des ces processus ? A quel point sont-ils tous puissants ? Quand est-il de notre libre arbitre dans nos prises de décisions ?

Les algorithmes du fait de leur efficacité, rapidité et puissance offrent des avancées technologiques incontestablement positives. Ainsi, utilisée à bon escient, cette augmentation de nos capacités de calcul aide la planète entière. Nous pouvons réduire la consom­mation d’énergie et les émissions de dioxyde de carbone, augmenter la productivité de nos usines tout en réduisant les déchets.

Ces avancées sont déjà bien présentes. Il existe par exemple des logiciels permettant de trouver un compromis entre vitesse des véhicules et consommation énergétique. Le suivi en temps réel des véhicules motorisés existe pour calculer l’itinéraire le moins couteux en carburant et en temps. L’itinéraire pouvant-être immédiatement recalculé en cas de circulation engorgée. Les logiciels se sont également invités chez nous. Le chauffage peut-être connecté! Il existe des logiciels « intelligents » déclenchant le chauffage à distance selon les besoins. De plus en plus de nos appareils électroménagers sont connectés à nos Smartphones.

Dans le monde de l’industrie, les algorithmes sont plus efficaces dans la répétition de suites d’action identiques, comme par exemple dans les chaines de fabrication. On utilise déjà des machines dirigées par des algorithmes pour la fabrication de pièces détachées et l’assemblage de la voiture. Grâce à cette automatisation de la chaine de production, on obtient des produits identiques et de même qualité, à moindre coût et avec un taux d’erreur moins élevé.

Les algorithmes ont également été conviés dans le milieu médical. La « médecine 2.0 » est un dispositif de dépistage de maladies via une plate-forme de diagnostic basée sur les symptômes. Elle est constituée d’algorithmes, qui ont la capacité de combiner à la fois les informations et le dossier médical d’un patient.

Dans un futur proche, nous allons passer le volant de nos voitures à des ordinateurs. Les avantages sont indéniables : elles ne sont pas distraites, roulent prudemment et ne fatiguent pas. Le nombre d’accidents devrait chuter considérablement, l’analyse de situations complexes étant démultipliée, le taux d’erreur est infime. D’ici 2020, on devrait voir des navettes autonomes à Paris entre les aéroports et les gares. Une est même prévue entre Paris et l’aéroport Charles De Gaule pour l’automne 2017. Il en existe déjà en Suisse dans la ville de Sion où une navette autonome fait un trajet de 1,5 km. Devraient suivre rapidement les bus scolaires et les transports urbain.

 

Ce n’est plus de la science-fiction, le recours inéluctable à des algorithmes de plus en plus performant va profondément modifier notre mode de vie et les emplois de millions de personnes.  Mais apportent-ils seulement des points positifs ?

L’automatisation massive des chaînes de production grâce aux algorithmes a déjà entrainé une augmentation du chômage. Certains analystes suggèrent que de nouvelles formes de programmation informatique aggraveront ces inégalités, car les algorithmes, les robots, les voitures autonomes ­détruiront des emplois occupés par des millions de personnes. Certains journaux comme Le Monde parlent d’« apocalypse du travail ».

Dans le secteur médical, bien que les algorithmes ne puissent pas encore s’affranchir du diagnostic du médecin, vont modifier la confiance entre le patient « hyper informé » et son médecin.

Dans le monde du transport, les algorithmes vont inéluctablement entrainer une perte du travail de nombreux chauffeurs, bien que, dans certaines situations, la présence d’un humain reste indispensable.

Néanmoins, « le plus difficile en robotique est souvent ce qui est le plus facile pour l’homme ». C’est le paradoxe de Moravec. Un programme informatique capable de raisonnement de haut niveau est paradoxalement incapable de reproduire les aptitudes sensorimotrices humaines. Ainsi, Les machines ­intelligentes éprouvent de grandes difficultés à monter des escaliers, ouvrir une porte ou tirer dans un ballon. Cela limitera encore leur dissémination dans nos vies.

Ainsi, les manipulations médicales et chirurgicales ne peuvent pas être effectuées par un algorithme, car les actions sont trop complexes. Cependant elles peuvent aider les médecins et chirurgiens (chirurgie assistée par ordinateur). On ne peut pas automatiser une chirurgie pour des questions de sécurité et d’éthique. L’humain sera plus à même de traiter les différentes situations qui se présentent à lui et de prendre des décisions réfléchies. L’algorithme est un programme qui sera inefficace face à des circonstances exceptionnelles qui ne correspondent pas au schéma habituel. Prenons l’exemple du traitement des maladies : elles ne peuvent être traitées de la même manière selon le patient. Il peut avoir un système immunitaire plus ou moins fragile par exemple. De plus, on ne traite pas un nourrisson, une personne âgée et un adolescent en pleine forme de la même manière. La chirurgie et la médicine entièrement automatisées sont donc une perspective inconcevable de nos jours. La machine ne peut analyser une quantité de données aussi importante. Pour rendre les algorithmes efficaces dans ces domaines, il faudrait approfondir nos connaissances en Deep-learning, c’est-à-dire dans la création d’intelligences artificielles qui seraient capables de raisonner par elles même face à une situation.

 

 

Néanmoins, posons-nous la question sur la fiabilité et la transparence de ces algorithmes ? Par qui et comment vont-ils être régulés ?

Certains algorithmes utilisent nos données personnelles leur permettant de cerner nos personnalités. Ainsi, ceux d’Amazon et de Google, répondent à une logique marketing en ciblant nos goûts et nos préférences dans l’objectif de nous faire consommer. D’autres dans le médical, des données importantes sur notre santé et nos pathologies passées.

Une des principales craintes soulevées par les algorithmes est le manque de transparence de leur fonctionnement, en particulier lorsqu’ils utilisent des données massives et des techniques avancées d’apprentissage machine. De plus, cette transparence est un prérequis pour pouvoir analyser les éventuels biais que pourrait avoir l’algorithme par exemple en discriminant certaines catégories de personnes (religion, origine etc..). Les citoyens ont besoin de pouvoir comprendre la logique derrière les algorithmes qu’ils utilisent et qui impactent leurs vies.

 

Les algorithmes jouent un rôle de plus en plus fondamental dans tous les aspects de notre vie. Cependant, leur impact important sur la société soulève de nombreux questionnements. Mais n’oublions pas que l’homme ne fait que transférer ses connaissances. L’avenir est encore entre nos mains, et évitons le transfert total du cerveau humain vers l’algorithme.  Allons-nous réussir la transition vers le « meilleur des mondes » ?

Article rédigé par Yannick Donzeau dans le cadre de la spécialité ISN.