Cloud Computing schéma

Un café à la main, j’essaie tant bien que mal de me motiver afin d’écrire cet article dont je remets à plus tard l’écriture depuis maintenant une bonne semaine. J’allume donc mon ordinateur, lance mon navigateur préféré (je vous rassure, il n’a pas été développé par Microsoft) et me force à ouvrir un fichier google docs vierge : cela me permettra de le consulter et de le modifier depuis tous mes appareils. Histoire de me motiver un peu, j’accède au lecteur en ligne de Spotify, toujours depuis mon navigateur, afin de mettre un peu de musique. Enfin, je décide de me mettre au travail : je me rends sur un drive mis à ma disposition où se trouvent les différents sujets dont je dois traiter.

Faire tout cela, et bien d’autres choses, depuis un navigateur sans avoir besoin d’installer quoi que ce soit sur sa machine : telle est la douce promesse du cloud computing.
Cela semble révolutionnaire! Aurait-on cherché pendant des années à augmenter la capacité de nos disques durs afin de tout “dématérialiser” au final? Quels progrès permet ce genre de technologie? Quelles sont ses limites? Le cloud computing est-il vraiment aussi sûr que l’on pense?

 

Qu’est-ce que le cloud computing?

Tout d’abord, mettons nous d’accord sur ce qu’est le cloud computing. Des sociétés, appelées fournisseurs de services cloud, proposent un ensemble de services informatiques fournis via Internet. Parmi ces services, on trouve des serveurs, des services de stockage, des bases de données, des logiciels, des composants réseau etc… Tous ces services sont en général accessibles depuis le web, à l’aide d’un navigateur. Ainsi, une entreprise pourra, au lieu d’acheter des serveurs matériels afin d’héberger son site web, acheter un service : elle payera fournisseur de services cloud afin d’héberger son site “sur le cloud”, en général de manière mensuelle ou annuelle.
Cette métaphore du nuage mène cependant bien trop souvent à une mauvaise interprétation du cloud : le cloud n’est pas ce nuage imaginaire où tout le web serait stocké, et ce n’est pas non plus réellement une dématérialisation comme on a tendance à le penser : restons sur l’exemple du site web, au lieu de l’héberger sur des serveurs appartenant à l’entreprise, ce site web sera tout de même hébergé sur des serveurs, ceux ci appartenant simplement au fournisseur de service qui les mettra à disposition en échange d’une certaine somme d’argent. Les données, logiciels ou autres ne sont donc en aucun cas dématérialisés : ils se trouvent simplement sur des serveurs qui, lorsqu’un client (en l’occurrence vous et votre navigateur) enverra la demande d’accéder au site web, logiciel ou autre, renverront ces services hébergés “sur le cloud”. En somme, il faut comprendre que le cloud computing n’est pas une dématérialisation des données, mais plutôt leur migration sur des serveurs communiquant avec des clients grâce à Internet.

 

Que rapporte le cloud computing?

Mais qu’apporte, concrètement, cette migration des services et des données dans le “cloud”? Les avantages se font sentir des deux côtés : chez les professionnels et chez les utilisateurs finaux. Par exemple, la majorité des services de cloud computing sont proposés en libre-service et à la demande. Les ressources fournies à une entreprise peuvent donc être très importantes et agrandies en quelques clics : cette flexibilité et cette puissance offerte aux entreprises se fait ressentir chez l’utilisateur dont l’expérience sera bien plus rapide et fluide, et donc plus agréable. De plus, le cloud computing est une solution souvent  bien plus intéressante du point de vue économique pour les entreprises n’ayant alors pas besoin d’acheter du matériel, des logiciels, de payer du personnel pour s’occuper de centres de données ou encore tout simplement l’électricité nécessaire au bon fonctionnement des serveurs. Payer un abonnement et se délester de tous ces engagements matériels est dans de très nombreux cas bien plus rentable. Pour l’utilisateur, il est fort agréable d’avoir accès à tous les services qui lui sont nécessaires depuis son navigateur. Ainsi, une quantité très importante de mémoire est épargnée sur le disque dur de l’utilisateur. Prenons l’exemple des chromebooks , ceux-ci poussent ce concept à l’extrême proposant la grande majorité des services sur le web : ainsi, la plupart de ces machines (en oubliant les ordinateurs haut de gamme tournant sous l’OS de google) se content d’un disque dur de 32 à 64 gigas. Dans la plupart des cas, pour une utilisation basique, cela est suffisant pour stocker les données de l’utilisateur. Pour les logiciels, tout (ou presque) se passe sur internet !

Mais le celui-ci présente aussi des inconvénients

Cependant, ces avantages sont accompagnés de défauts plus ou moins importants. Vous avez certainement aussi pensé, lorsque je parlais des chromebooks, que l’utilisateur est alors dépendant d’une connexion à internet. Cela peut devenir très problématique en déplacement par exemple, ou dans des zones où le réseau est limité ou ralenti – réduisant alors de manière importante l’expérience de l’utilisateur. Il faut néanmoins avouer que ces problèmes sont de moins en moins réels : l’accès à internet est meilleur et plus commun de jour en jour, et les abonnements proposant d’importantes quantités de données mobiles sont de moins en moins chers. Le roaming, en Europe, se démocratise et fait aujourd’hui partie de chaque forfait proposant de la data. Néanmoins, dans certaines zones et dans certains cas, ce problème reste d’actualité et concerne donc un certain nombre de personnes.
De plus, un important reproche que l’on fait au cloud est le fait que l’accès soit contrôlé par les différents fournisseurs. Ainsi, croire en un accès continu aux données du cloud sans aucun problème sur la durée, c’est faire particulièrement confiance à ces fournisseurs. Biensûr, si l’on est prêt à investir, un tel résultat est possible. Cependant, le choix de l’utilisation du cloud est souvent liée à un avantage financier – donc dans la plupart des cas, on ne fera pas le choix du cloud le plus sûr. C’est entre autres pourquoi nombreux sont ceux qui s’inquiètent au sujet de futurs crashs – on pensera par exemple aux serveurs d’Amazon ayant rencontrés de tels problèmes en 2012, entraînant avec eux la mise hors-ligne de Netflix ou encore de Pinterest. Ceci est très dangereux, car surtout pour de grandes entreprises, chaque minute passée hors-service représente une perte incroyablement importante.
Enfin, une question à se poser est celle de la propriété intellectuelle. En effet, une fois des données sont stockées sur le cloud, leur propriétaire est quelque chose discutable. On ne sait alors plus vraiment à qui elles appartiennent. Et vous êtes probablement victimes de cette ambiguïté aussi ! Prenez des réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram ou Twitter… ce sont des sites dérivés du cloud. Une fois que vous y postez une photo, pouvez vous affirmer qu’elle vous appartient? Selon leurs conditions d’utilisation, que vous avez normalement acceptées, ce n’est pas le cas. Et encore, dans le cas où les données sont directement créées sur le cloud (prenez par exemple un éditeur de texte en ligne), il est encore bien plus facile pour la plateforme de déclarer que ces données lui appartiennent! Les règles régissant les clouds sont encore très floues pour l’instant, et les fournisseurs ont tendance à en profiter.

 

Pour conclure

En somme, on peut affirmer que l’avenir proche de la technologie tend vers le cloud. Il rend le travail de groupe plus simple, on peut accéder aux données partout si tant est que l’on est connecté au web, et épargne de la place sur nos disques durs. Pour les entreprises, le cloud est tout aussi avantageux, tout d’abord du fait de son prix plus accessible, mais surtout de ses performances plus importantes pour un prix inférieur : utiliser le cloud est aujourd’hui souvent bien plus rentable qu’utiliser ses propres serveurs.
Cependant, c’est une technologie présentant encore d’importants défauts du fait de son accessibilité dépendant d’une  connection internet, mais aussi du fait que son accessibilité soit contrôlée par les fournisseurs et les éventuels problèmes techniques. Aussi, le cloud met en danger nos données en pouvant se les approprier.
C’est pourquoi je pense que le cloud computing est une technologie prometteuse ayant boosté la productivité des individus et des entreprises, mais dont on ne peut pas être certain de l’avenir : elle pourrait tout aussi bien se développer et proposer des solutions à ces problèmes tout comme être remplacée par d’autres technologies du fait de problèmes liés au cloud-computing devenant trop importants. Quel est l’avenir du cloud? Aussi bien incertain que prometteur, une chose est sûre, c’est qu’il a encore de beaux jours devant lui : aujourd’hui, Les dépenses en matière de services de cloud public dans le monde atteignent 122,5 milliards de dollars, et ce chiffre tendrait à croître dans les années à venir.